La qualité du revêtement cyclable a un impact direct sur le confort de déplacement du cycliste, mais joue également un rôle majeur dans sa sécurité. Une piste cyclable en mauvais état est une cause directe d’accidents “solitaires” à vélo, mais la mauvaise qualité du revêtement peut également réduire la vigilance du cycliste vis-à-vis du reste de la circulation.
Pour un cycliste, la qualité du revêtement est un élément primordial : tant le choix du type de revêtement que son bon entretien. Les trous, les cailloux et les pavés sont autant d'obstacles qui réduisent le confort d'un déplacement à vélo et augmentent inutilement la dépense d'énergie. Trop de temps passé sur de mauvaises surfaces peut même impacter le système nerveux, entraînant une insensibilité progressive des doigts et des douleurs à la main (hand-arm vibration syndrome)[1]. Un revêtement dégradé augmente en outre le risque de crevaison, le risque de chute, et réduit la vigilance du cycliste vis-à-vis de son environnement direct (et donc ses capacités d'anticipation).
Un revêtement dégradé mobilise 2 fois plus d'attention de la part du cycliste
Lorsqu’il circule à vélo, le cycliste doit constamment anticiper les mouvements des autres usagers, ce qui requiert une bonne dose de concentration et d’attention. Lorsque le revêtement est en mauvais état, l’attention du cycliste se focalise davantage sur le sol que sur le reste de son environnement.
En enregistrant les mouvements oculaires des cyclistes sur deux pistes cyclables séparées — une présentant un revêtement en bon état, la seconde un revêtement détérioré —, un chercheur de l’Université de Gand a démontré en 2014 que les cyclistes passaient en moyenne 63% du temps à regarder au sol lorsqu’ils circulaient sur un mauvais revêtement, soit plus du double que lorsqu’ils empruntaient une piste cyclable en bon état. C’est autant de temps qu’ils ne consacraient pas à l’observation et à l’analyse de l’environnement et des autres usagers. En cas de danger, ce manque d’anticipation retarde la réaction du cycliste, ce qui augmente donc le risque d’accident.
Les résultats de cette recherche mettent l'accent sur l’importance accrue, pour les cyclistes, de bénéficier d’infrastructures de qualité, en privilégiant des revêtements lisses, non glissants, correctement entretenus et avec le minimum d'obstacles (signalés de manière visible).
Par ailleurs, dans le cas de contraintes spécifiques, par exemple en présence de rails de tram, il est nécessaire de prévoir des mesures de sécurité supplémentaires, afin de permettre au cycliste d'accorder davantage d'attention au franchissement des rails en toute sécurité.
Florine CUIGNET
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[1] "Databike: Good and bad vibrations", Edinburgh Napier Univesity, 2017.