Le "vert intégral" permet à tous les cyclistes de franchir un carrefour lors d'une même phase de vert, quelle que soit la direction empruntée, pendant que le trafic automobile est à l’arrêt. Seule la Flandre en a fait l'usage jusqu'à présent : sa mise en œuvre nécessite en effet que certaines conditions soient réunies. 

Depuis mai 2019, le code de la route belge autorise la mise en œuvre d'une mesure déjà bien implantée aux Pays-Bas : le vert intégral cycliste ("tegelijk groen"). Lorsque, sur le feu de signalisation, la silhouette du vélo est entourée de flèches, cela signifie que tous les cyclistes disposent en même temps du vert sur l’ensemble du carrefour, indépendamment de leur provenance ou de leur destination. Pendant cette phase, le reste du trafic est à l’arrêt. Notons que ce principe peut également être appliqué aux feux piétons.

Le futur code de la voie publique prévoit également que  les cyclistes pourront, en cas de vert intégral, traverser la chaussée en diagonale. 

Cette mesure présente deux avantages majeurs.

  • Au niveau de la sécurité : le vert intégral permet d’éliminer tout conflit avec le trafic motorisé. Le type de conflit le plus courant en carrefour survient entre le cycliste qui continue tout droit et l’automobiliste qui tourne à droite (ce dernier étant tenu de céder la priorité au cycliste). Il supprime également les problèmes liés à l’angle mort des poids lourds.
  • Au niveau du confort : il assure un temps d’attente réduit pour les cyclistes qui doivent tourner à gauche, car ils ne sont plus contraints d'effectuer la manœuvre en deux temps (et deux phases de feux). Par contre, l'expérience démontre que cette mesure a tendance à augmenter globalement le temps d'attente pour les cyclistes qui poursuivent tout droit.

Dans quelles conditions l’appliquer ? 

Le "vert intégral" ne peut pas s’appliquer à n’importe quel carrefour. À l’heure actuelle, seule la Flandre en a fait l’usage : les leçons tirées de projets-pilotes au nord du pays couplées à l’expérience néerlandaise permettent de dégager des recommandations de mise en œuvre. 

Son application se justifie aux carrefours où l’intensité du trafic motorisé est limitée et où le flux cycliste est suffisamment important, avec au moins 10% de cyclistes tournant à gauche. Pour favoriser le flux cycliste et éviter que la mesure ne soit trop pénalisante pour les cyclistes qui poursuivent tout droit, il est recommandé d’accorder deux phases de vert intégral par cycle de feu. 

Le vert intégral nécessite que le carrefour soit équipé d’infrastructures cyclables, séparées de préférence, pour permettre le stockage des cyclistes (lors de la phase rouge du feu cycliste). Les tests réalisés en Flandre à des carrefours équipés de pistes cyclables marquées se sont avérés peu concluants au niveau de la sécurité. Les infrastructures cyclables doivent être conçues de manière à en faciliter l’accès aux cyclistes qui traversent en diagonale.  

La mesure s’applique de préférence aux carrefours compacts : les trajectoires sont plus lisibles pour les cyclistes et cela permet en outre de réduire le temps de dégagement du carrefour. Cela permet de programmer des cycles de feu d’une durée acceptable (dégager des phases de "vert intégral" pour les cyclistes nécessite un allongement global des temps d’attente pour les usagers). 

Quelles règles de priorité pour les cyclistes ? 

Le législateur n’a pas prévu de règle de priorité spécifique entre cyclistes en cas de "vert intégral".  Chacun disposant du feu vert, il est important que les cyclistes soient attentifs aux mouvements des autres cyclistes en franchissant le carrefour (mais on peut considérer que le cycliste cède la priorité aux cyclistes venant de sa droite). La jurisprudence néerlandaise semble également aller dans le sens d'une responsabilité partagée en cas d'accident.

Dans le cas où les piétons reçoivent le vert en même temps, ils ont évidemment priorité sur les cyclistes.

Florine CUIGNET

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