Dans une zone cyclable, le cycliste est autorisé à emprunter toute la largeur de la bande de circulation, et les véhicules à moteur y ont l’interdiction de dépasser les cyclistes. Afin d’être pleinement efficace, la zone cyclable nécessite néanmoins de respecter quelques conditions de mise en œuvre.  

Dans une zone cyclable : 

  • la vitesse est limitée à 30 km/h,
  • le cycliste est autorisé à utiliser toute la largeur de la bande de circulation,
  • les véhicules à moteur ont l’interdiction d’y dépasser les cyclistes.

La zone cyclable permet ainsi de renforcer la sécurité des cyclistes dans une rue déjà attractive, par exemple sur un itinéraire cyclable, mais où des aménagements cyclables conséquents ne peuvent pas être réalisés. 

La "zone cyclable" n’induit aucune priorité du cycliste sur le trafic motorisé : aux intersections, les règles de priorité s’appliquent en fonction de la signalisation en place. En l’absence de signalisation particulière, c’est donc le régime de priorité de droite qui est d’application. Il est toutefois recommandé d’assurer la priorité de l’axe cyclable sur les voiries adjacentes, pour en renforcer l’efficacité. 

Plus qu’une simple interdiction de dépasser, la zone cyclable suppose des mesures de circulation (pour y limiter le volume de trafic motorisé et la vitesse effective) et des aménagements spécifiques destinés à rendre l’aménagement lisible et crédible. Aux Pays-Bas par exemple, la rue cyclable n’a de réalité que sur le terrain, par la manière dont elle est aménagée et par la limitationdu trafic motorisé : elle n’est pas inscrite dans le code de la route et n’est attachée à aucune règle spécifique.

Rue cyclable à Utrecht
Rue cyclable à Utrecht

La zone cyclable de l'avenue Louise

En Belgique, force est de constater que les gestionnaires de voirie se contentent trop souvent d’installer la signalisation réglementaire, sans prendre aucune mesure complémentaire destinée à garantir le bon fonctionnement de la zone cyclable. Les zones cyclables sont en outre régulièrement installées dans des rues étroites où le dépassement est de facto interdit (faute de place), et n'apportent dès lors pas une grande plus-value. Par ailleurs, l'interdiction de dépasser associée à la zone cyclable n'est pas nécessairement bien vécue par tous les cyclistes : circuler sur une certaine distance avec un (ou plusieurs) véhicule(s) derrière soi peut impacter négativement le sentiment de sécurité, surtout pour les cyclistes plus lents ou moins aguerris. 

De la rue à la zone cyclable : évolution du code

C’est en 2012 que la rue cyclable voit le jour dans le code de la route. Après plusieurs adaptations du code, elle devient finalement, en avril 2023, "zone cyclable" : les panneaux de signalisation ont désormais une portée zonale (F111 – début de zone cyclable et F113 – fin de zone cyclable). 

2021- Hasselt - Rue cyclable

Autre modification, le code ne fait désormais plus référence à l’aménagement (auparavant "rue aménagée comme une route cyclable"), cette condition étant jugée "imprécise et superflue". En dépit de son imprécision, cette mention renseignait toutefois sur la nature de la rue cyclable : une rue aménagée pour les cyclistes dans lesquels la circulation automobile est tolérée, ce qui suppose d’y limiter la circulation motorisée et d’y prévoir des aménagements favorisant la lisibilité de la zone. Chaque région propose cependant des recommandations de mise en œuvre.

Le futur code fédéral de la voie publique (qui devrait entrer en application en septembre 2026) ne prévoit plus de régime de vitesse particulier au sein d’une zone cyclable. Les régimes de vitesse relevant désormais de la compétence des Régions, chacune sera libre de fixer pour son territoire la vitesse maximale autorisée au sein d’une zone cyclable. Actuellement, les trois régions ont décidé de conserver la limite de 30 km/h en vigueur aujourd’hui. 

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