Les grands voyageurs à vélo aiment prendre le train pour traverser l’Europe. Hélas, l’amour des grandes compagnies ferroviaires n’est guère réciproque. Dans de nombreux trains internationaux, embarquer un vélo non démonté relève de l’impossible. Seule l'Europe pourrait forcer la main des opérateurs, via une modification de son règlement ferroviaire.

Si la plupart des anciens trains internationaux "classiques", de jour ou de nuit, prenaient les vélos, l'arrivée des TGV a considérablement déterioré les choses pour les cyclistes. Pour des raisons de rentabilité, les trains à grande vitesse privilégient un maximum de sièges, voire un salon de réunion, et réduisent les espaces bagages perdus pour eux (financièrement parlant).

Ainsi, au départ de Bruxelles, il est impossible d'embarquer une bicyclette dans un Thalys, un TGV, un ICE allemand. Seul l'Eurostar accepte les vélos, via son service bagage (mais compter 30 € par trajet et un nombre de places limitées). Du côté des trains IC, Luxembourg, Lille et les Pays-Bas restent accessibles avec un vélo. Mais, pour aller plus loin, il faut se rabattre sur de multiples trains locaux pour arriver à destination...

Vélo dans une nouvelle rame Désiro de la SNCB

Même si quelques progrès ont été enregistrés, comme récemment la nouvelle génération des ICE qui proposera huit emplacements vélo, on est encore loin d'une réelle intermodalité train/vélo européenne.

En fait, seule l’Union européenne pourrait faire changer radicalement les choses, via son "Règlement sur les droits et les obligations des passagers du rail".

La version 2007 de ce règlement stipule ceci :

“Les entreprises ferroviaires autorisent les voyageurs à emporter leur bicyclette dans le train, si elles sont faciles à manipuler, si cela ne porte pas préjudice au service ferroviaire spécifique et si le matériel roulant le permet, et moyennant un paiement éventuel.”

Avec un texte aussi peu contraignant, on comprend vite que beaucoup d'opérateurs ferroviaires se font tirer l'oreille pour prendre les vélos. La Commission européenne remet donc l'ouvrage sur le métier et propose actuellement cette nouvelle formulation :

“Les passagers auront le droit d'embarquer leur vélo dans le train, pour un coût raisonnable. Le transport des vélos peut toutefois être refusé pour des raisons opérationnelles ou de sécurité, à condition que le voyageur en soit dûment informé.”

Comme ce nouveau projet de texte laisse encore des échappatoires pour ne rien faire, la fédération européenne des cyclistes (ECF), dont le GRACQ est membre, poursuit son lobby. Il faut améliorer ce nouveau règlement et le rendre réellement favorable à la combinaison train + vélo, qui accroit d'ailleurs aussi la clientèle des chemins de fer. En ne transportant pas les vélos, les compagnies perdent également, souvent, les passagers cyclistes...

Luc Goffinet

Envoyer un courrier à nos députés européens

10434 personnes soutiennent déjà le mouvement cycliste

Je soutiens le GRACQ